lundi 26 mai 2008, par auteur Dr Sam
Densité minérale osseuse, ostéoporose et fracture ostéoporotique : identification de déterminants génétiques
L´ostéoporose et les fractures qui la compliquent sont responsables d´une mortalité et d´une morbidité globale importantes dont tout laisse à penser qu´elles vont augmenter dans les années à venir. L´existence d´une ostéoporose, définie cliniquement grâce la mesure de la densité minérale osseuse (DMO), reste le meilleur index prédictif de fracture. La DMO est en grande partie génétiquement déterminée : d´après une étude de cohorte menée en Grande Bretagne, on estime que 78 % de la DMO au niveau lombaire et 84 % au niveau du col fémoral sont liés à des facteurs génétiques. Les études d´association menées sur le génome entier ont été appliquées à la DMO dans une grande étude impliquant des Britanniques, des Hollandais, des Canadiens et des Australiens. L´étude d´association sur le génome entier a permis d´abord d´identifier, parmi 2 094 femmes dans l´étude britannique, 314 000 SNPs qui ont ensuite été testés dans les études de réplication auprès de 6 400 femmes d´autres cohortes en Europe occidentale. Enfin, ces SNPs communs ont été testés en termes d´association avec les fractures ostéoporotiques. Une association entre la DMO et 2 SNPs a été identifiée. Ces SNPs étaient situés, l´un sur le chromosome 8 à proximité du gène de l´ostéoprotégérine, et l´autre sur le chromosome 11 à proximité d´un gène codant pour une protéine liée aux récepteurs des lipoprotéines (lipoprotein-receptor-related protein – LRP5-). Un SNP non synonyme dans le gène LRP5 était associé à une diminution de la DMO et à une augmentation du risque de fractures ostéoporotiques (odds ratio : 1.3, IC 95 % 1.09-1.52, p = 0.002) et avec l´ostéoporose (OR = 1.3, 1-08-1.63, p = 0.008). Trois SNPs à proximité du gène de l´ostéoprotégérine étaient associés avec une diminution de la DMO et à une augmentation du risque d´ostéoporose (OR = 1.2, IC 95 % 1.01-1.42, p = 0.038). Près d´un quart de la population (22 % exactement) est au moins hétérozygote pour l´un de ces allèles à risque et ces l´association de ces allèles avec la DMO est cumulative. La présence des deux allèles à risque augmente le risque de fracture ostéoporotique (OR = 1.3, IC 1.08-1.63, p = 0.06) et cet effet est indépendant de la DMO. Ces deux variants génétiques, ostéoprotégérine et LRP5, augmentent donc le risque d´ostéoporose et de fracture ostéoporotique et leur effet combiné sur les fractures est similaires à ceux de facteurs de risque environnementaux bien connus. De plus, ils sont présents chez 1 sujet sur 5, ce qui suggère que l´on pourrait les utiliser dans le dépistage du risque d´ostéoporose.
Richards JB et al. Bone mineral density, osteoporosis, and osteoporotic fractures : a genome-wide association study. Lancet 2008 ; 371 : 1505-12.